A la recherche d'un film à charger. Vous ne savez pas quoichoisir ?, ici vous trouverez un torrent d'avis sur tous les films et séries, du classique au derniéres nouveauté.

Votre avis sur "Hercule"

Trois degrés de lecture pour un divertissement très familial

Hercule

Hercule : Trois degrés de lecture pour un divertissement eminemment familial.
Premier degré de lecture pour les jeunes enfants : musique, code de couleur et ton humoristique
S'il est vrai que les principaux héros, Hercule, Mégara, le satyre Phil, Haddès ou Zeus n'offrent guère aux jeunes enfants une possibilité d'identification comme cela peut être le cas avec le jeune lion Simba du Roi Lion ou le chaton Oliver d'Oliver et Compagnie, le dessin animé est captivant grâce à son rythme endiablé soutenu par cinq muses gospel. Elles font office de narrateur en chansons.
Le code de couleur est également tout à fait appréhendable par les jeunes enfants : les dieux rayonnent en jaune tandis que tout ce qui est lié à Haddès est sombre.
Le ton humoristique, s'il n'est pas toujours compréhensible pour les jeunes enfant mais captable à travers les tics d'un personnage comme Haddès par exemple ou le grotesque des moires, évite de créer de la peur chez les jeunes enfants même quand les scènes se déroulent aux enfers.
Deuxième degré de lecture pour les préado et les adolescents : mythologie revisitée, critique de la société de consomation et jeux de mots ou répliques sympathiques.
Les préadolescents et adolescents, surtout ceux qui ont étudié le programme d'histoire de sixième, noteront quelques libertés avec la mythologie puisqu'Hercule est présenté comme le fils d'Héra, ce qui n'est pas le cas. D'ailleurs, dans le film, Haddès le traite de «bâtard». Haddès lui fait boire bébé par ses deux accolytes une potion pour lui enlever sa divinité alors que ce n'est qu'un héros dans la mythologie grecque. En revanche, les dieux sont bien présentés, comme dans la mythologie, pleins de défauts humains et surtout très parresseux. Les héros accèdent à la divinité par les récits qui perpétuent la noblesse de leur coeur et la grandeur de leur courage.
Beaucoup de ces libertés sont très louables car elles contribuent à nourrir le ton humoristique du dessin animé et surtout la critique ironique de la société de consommation à l'américaine. Ainsi, quand Hercule commence à être connu des tas de gadgets à son effigie sont produits. Il est poursuivi par des fans féminines en folie qui manquent de le piétiner. Il se présente à son père Zeus comme le «vainqeur des jouets olympiques» en faisant couiner une poupet plastique à son effigie. A la veille de son coup de force contre l'Olympe, Haddès s'emporte contre ses deux accolytes car l'un sirote un soda, qui rappelle ceux vendus par Mac'Donalds et l'autre porte des tongs à l'effigie d'Hercule.
Enfin, la traduction est remarquable et beaucoup de jeux de mots font largement sourire et nourrissent l'humour du film comme «Qui perce enGrèce fera de la graisse en Perse», «Mon Cyclo-pote», «les double-wc changeront la face de la Terre dixit la moire qui lit le futur»...
Troisième degré de lecture pour les adultes : autocritique ironique de la société étanusienne et de la réussite à l'américaine, notamment dans le showbizz.
Megara s'entête à l'appeler durant tout le film «superman» et non Hercule pour bien montrer qu'il s'agit d'un héros à l'américaine. De plus son étonnant changement physique, entre le jeune adolescent maigrelet du début du dessin animé et le superbe homme musculeux, après ses entraînements avec Phil, n'est pas sans rappeler un Schwarzzeneger ou un Stallone.
Mais dérision oblige, Hercule passe pour un benêt dans la plus grande partie du film. Lors de son premier combat contre un centaure, Phil lui enjoint de se servir de sa tête et Hercule est tout étonné de cette révélation. Mégara reproche souvent à ce dernier son manque de vocabulaire. Une des cinq muses est très enrobée, rappelant les problèmes de surpoids que connaît la société américaine.
Enfin quelques jeux de mots sont un peu datés et compréhensibles par les seuls adultes comme lorsque Mégara refusant à Haddès de lui livrer Hercule dit «Lisez sur mes lèvres», formule choc de la première campagne de Bill Clinton pour promettre aux Américains qu'il n'y aurait pas de hausse d'impôts.