Votre avis sur "Pierre Boulez : Die …"
Un sommet du théâtre lyrique

Pour le "Ring" du centenaire, le chef d'orchestre français Pierre Boulez et le metteur en scène - également français - Patrice Chéreau, ont déclenché les fureurs du public orthodoxe et conformiste du "Festspielhaus" de Bayreuth ( même si, par la suite, on cria au génie ).
On comprend mal ce si mauvais accueil initial, car la conception de mise en espace visuelle et sonore des deux hommes était exceptionnelle d'intelligence musicale et de théâtralité.
De plus, pour "La Walkyrie" notamment, les principaux rôles étaient interprétés par des chanteurs et des cantatrices remarquables : d'abord le Wotan de Donald Mc Intyre ( Wotan sur scène et à la ville... peut-on dire ); ensuite, la Brünnhilde enflammée de Gwyneth Jones; mais aussi le très bon Siegmund de Peter Hoffmann ( un très bon et très beau ténor, connu aussi pour ses Lohengrin ou Parsifal ); enfin, la belle Sieglinde de Jeannine Altmeyer, et le terrible Hunding de Matti Salminen; etc.
Avec aussi, comme directeur de la mise en image, le célèbre Brian Large.
Signalons que "L'Or du Rhin" avait été aussi une grande réussite.
On doit cependant remarquer que "Siegfried" et "Le Crépuscule des Dieux", même s'ils ont conservé les extraordinaires qualités sonores et théâtrales du "prologue" et de la "première journée" de la "Tétralogie", pêchent par une lacune très importante : celle de l'absence d'un grand "heldentenor" pour le rôle de Siegfried, Manfred Jund n'étant certes pas (!) au niveau des Lauritz Melchior ou des Max Lorenz d'antan ( ou même d'un Ben Heppner actuel ).
En tout cas, s'il fallait choisir un des quatre opus de la Tétralogie par Chéreau-Boulez, je pense que c'est "Die Walküre" qu'il faudrait privilégier, sans hésitation...
- Pierre Boulez : Gotterdammerung (le crepuscule des dieux)
- Pierre Boulez : Das rheingold (l'or du rhin)
- Pierre Boulez : Siegfried
