Votre avis sur "Rome ville ouverte"
Roma, citta aperta

Sans doute le plus célèbre chef-d'oeuvre de Rossellini avec "Allemagne année zéro", et l'une des œuvres fondatrices du néoréalisme, aux côtés du "Voleur" de De Sica et "Ossessione", un grand Visconti des premiers jours.
Rome est montrée comme un symbole éclatant du peuple italien au crépuscule de la guerre, microcosme foisonnant de vie et de diversité inexorablement gangrénée par la fourmilière nazie. Ce sont des hommes, des femmes et des enfants de tous les jours, avec leurs forces et leurs faiblesses, pris dans la spirale de l'histoire, chacun se révélant en conséquence. Les scènes mémorables abondent : Pina abattue en pleine rue, en pleine course, par un soldat allemand alors qu'elle rejoignait son Francesco embarqué dans un fourgon SS, la torture de Manfredi - Jean Moulin italien - et la mise à mort du prêtre, scènes qui nous offrent des évocations christiques d'une puissance extraordinaire. Un film plein d'optimisme aussi, notamment dans ces gamins, résistants en herbe et symboles d'espoir, descendant vers la ville à reconquérir avec l'âme comme avec le glaive.
Le manque de moyens, l'urgence de la mise en scène, le côté brut et artisanal sans doute volontaires ajoutent un cachet documentaire qui sera l'une des marques de fabrique du mouvement néoréaliste. Un film total, historique, révolutionnaire ; en un mot : essentiel.
- Allemagne année zéro
- Le voleur de bicyclette
- L 'Avventura
- Voyage en Italie
- La Dolce Vita
